Le mystère Curtius – Luc Baba – éd. Luc Pire

mystère_curtiusPlongeons dans le «Liège» de 1928 pour une petite enquête policière parfumée de terroir!
Paru aux éditions Luc Pire dans la collection roman de gare/kill and read, ce texte de Luc Baba peut réellement se revendiquer de ce genre littéraire. Je n’écris pas cela de manière négative. Au contraire, je l’ai englouti avec plaisir sur un aller-retour Liège-Verviers. Simple, distrayant et bien écrit, il fut même un bien éphémère compagnon de voyage.

De plus, et c’est sans doute mon côté liégeois qui ressort (un peu chauvin en plus le mec!?!), toute l’intrigue se déroule dans la Cité Ardente. On se ballade à travers les mots… Des côteaux de la citadelle vers le quartier Hocheporte en passant par notre bonne vieille république d’Outremeuse et bien sûr le quartier Feronstrée – Hors-Chateau. Certains éléments de ce policier traitent de l’histoire du musée du Grand Curtius. Ne connaissant pas assez l’histoire du quartier où j’ai établi ma résidence, j’ai fait quelques recherches sur internet qui m’ont permis de constater que le décor de cette intrigue est inspiré de faits historiques.

En quelques mots, sans en dire trop : Ernest, Firmin et Joseph, trois «voleurs de pommes» du quartier d’Outremeuse (rue Porte aux Oies pour les connaisseurs) se font embobiner par Félix, un plus gros larron qu’eux, pour faire un coup au palais Curtius. Mais l’inspecteur Chantraine veille au grain. Arrivera-t-il à comprendre le mystère qui semble régner entre les murs du Curtius depuis plus de 300 ans?

Etienne

Solo – William BOYD – Seuil

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«Bond, my name is James Bond»

Si vous n’avez pas un petit pincement de joie et de nostalgie en pensant au plus célébre des espions britanniques, nul besoin d’en lire plus !

Je n’ai pas choisi ce livre pour son titre ou pour son auteur (c’est d’ailleurs mon premier de Boyd), je l’ai choisi (et dévoré comme un paquet de chips… avec du martini) parce qu’en sous-titre, il est écrit: «une nouvelle aventure de James Bond». Et je n’ai pas été déçu ! J’ai même été surpris de retrouver ce personnage et d’en découvrir une nouvelle version. Je dois bien avouer, qu’à ce jour, je n’ai pas encore lu de romans de Ian Flemming, auteur originel des Bond. Ma référence 007 est donc uniquement cinématographique.

Boyd y insère toutes les composantes du genre: l’alcool, les cigarettes, les femmes, le walter PPK et même Félix Lether. Il y a une légére intrigue, de l’action, une pointe d’érotisme, une pincée de loyauté et de cruauté (ils vont souvent ensemble ces deux là). Bref, en lisant en même temps mon premier 007 et mon premier Boyd, j’ai vraiment passé un super moment.

Pour terminer : le pitch! James est envoyé en mission en Afrique pour stopper une guerre dont l’enjeux principal est, évidemment, le pétrole. 007 débarque donc en Afrique, sans arme et en ressort avec deux balles dans le corps. Sa vengeance sera terrible. A moins que la CIA ne l’arrête ou que ses agresseurs n’arrivent à reprendre le dessus ?!

Etienne

Critique | Martin Eden de Jack London

Marin Eden emartin edenst un héros intemporel. Il m’a de suite fait penser au mythe du rêve américain. Mais l’intérêt profond de ce personnage tient au fait qu’il décide à un moment donné de contrôler entièrement son destin et il ne lachera jamais. Je n’ai pas peur de le dire, Martin Eden est parvenu en quelques centaines de pages à me captiver complétement et à me faire vivre sa vie. Je parle de Martin Eden comme si il était à la fois le personnage principal et l’auteur de ce texte. Sur la quatrième de couverture, on parle de ce livre comme du plus autobiographique de London. Je ne suis pas un expert de Jack London, j’ai lu L’Appel de la forêt ou Le Vagabon des étoiles et puis j’ai vu quelques unes de ses photos mais j’admets, au terme de ma lecture, avoir eu le sentiment de pénétrer la vie de cet écrivain hors du commun.

Lorsque j’essaie d’écrire sur un livre, j’ai toujours peur de trop en dire donc je vais juste faire un pitch très court en deux ou trois phrases. Martin est marin et alterne les contrats en mer et la vie de mauvais garçon à terre. Lors d’une bagarre, il aide le frère de Ruth et en tombe amoureux. Ruth est de la classe bourgeoise tandis que lui vient du peuple (voir des bas-fonds). Pour cet amour, Martin va déployer une énergie extraordinaire afin de s’élever socialement et intellectuellement (selon les normes de leur société) et va prendre le chemin de «l’Écriture» pour tenter d’y arriver.

Je voudrais terminer ce petit babillement écrit en parlant avec des lettres de l’extraordinaire faculté d’analyse sociologique de Jack London. Ce n’est pas que la psychologie des personnages qui m’impressionne mais ce qui les relie entre eux. Il arrivent à créer un monde danslequel on a l’impression d’être un acteur à part entière. On fait partie de l’esprit du récit. Ce livre est, pour moi, une véritable leçon de littérature, de philosophie mais surtout de vie.

Critique | Dans le jardin de la bête | E. Larson

Dans le jardin de la betePhilip Kerr qualifie ce livre de : « document sidérant qui se lit comme thriller ». Je me méfie toujours de ces phrases toutes faites que les éditeurs plaquent sur les quatrièmes de couverture mais, ici, c’est assez proche de mon ressenti.

En effet, cet ouvrage n’est pas un roman. Il a été construit pour en avoir l’apparence et en a souvent la saveur mais, pour moi, il doit être classé dans la catégorie « Histoire ». Je n’ai pas l’autorité d’un historien mais j’ai recoupé plusieurs éléments avec internet et d’autres de mes lectures sur le sujet (Vivre et mourir sous le IIIe Reich, Peter Fritzsche, Dans la Grèce d’Hitler, Mazower, …) et je ne peux que conclure que sa nature est intrinsèquement historique. Écrit historique qui se dévore comme un thriller !

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Critique | HHhH de Laurent Binet

HhhHPlongeon historique dans l’univers du roman ou son contraire… Chacun, ici, y trouvera le sens qui lui convient. L’intérêt est de pouvoir alterner les deux postures. En effet, points de vue de l’auteur et faits historiques (objectifs) se mélangent pour former un texte rythmé, articulé en petits chapitres relatant la fin de la vie de Reinhard Heydrich à Prague, en 1942.

 Reinhard Heydrich est moins connu que les autres instigateurs de « la solution finale », Hitler, Himmler, Goring ou Goebbels mais il fut l’un des personnages antisémites les plus cruels de la seconde guerre mondiale. Les rumeurs à propos de sa judaïté sont sans doute l’une des raisons de son radicalisme sadique. Laurent Binet nous ouvre les portes de l’intimité de ce monstre aux allures de dandy, et, par la même occasion, à celle de ses ennemis (opération Anthropoïde). L’auteur nous emmène progressivement vers l’attentat contre le directeur du RSHA (office centrale pour la sécurité du Reich), le SS-Obergruppenführer Heydrich. Un style inhabituel et aéré nous fait goûter à une forme de vérité romanesque.

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