Les intellectuels contre la gauche, Michael Scott Christofferson, Agone

les intellectuels contre la gauche,  michael scott christofferson, agone, 14 €Parution en poche de cet ouvrage toujours pertinent. Ne serait-ce que parce que les
« intellectuels » qui sont à l’œuvre dans la période anaysée (1968-1981) continuent à occuper l’espace public français (BHL, Finkielkraut, etc), lequel n’est pas sans impact sur le nôtre. En liant systématiquement marxisme et totalitarisme, celui-là fut disqualifié, facilitant ainsi l’émergence de notre époque « post-moderne ». L’enfer est pavé de bonnes (sic) intentions…

Les Juifs viennois à la belle époque, Jacques Le Rider, Albin Michel

les Juifs viennois à la belle époque,  Jacques le rider, albin michel, 24 €Le titre et la couverture (très moyenne) du livre de Jacques Le rider peuvent tromper. Du moins si on s’attend à d’anodins portraits sépias sur fond de Sachertorte. L’ouvrage s’ouvre sur une description longue et précise de la situation politique à Vienne et de l’antisémitisme qui s’y développe à l’aube du xxe siècle. Viennent alors les portraits en réaction
de figures célèbres telles que Freud, Zweig, Mahler, continuellement ramenées à la part juive de leur identité. Passionnant, et riche de réflexions pour notre époque.

Nu dans le jardin d’Eden, Harry Crews, Sonatine

nu-jardin-eden-1432587-616x0Body builders sourds-muets et culs-de-jatte, mangeurs de voitures, boxeurs aux mâchoires de verre, etc : l’univers détraqué de Crews est peuplé de freaks, de perdants, de désespoir et d’humour féroce. Nu dans le jardin d’Eden ne fait pas exception : on y rencontre Fat Man, 279 kilos pour 1,65 m, Jester, jockey glabre, Dolly, ex-miss locale prête à tout, parmi d’autres. Sous l’excès, Crews traque l’humain, avec amour. à ceux qui ne l’ont pas encore expérimenté, commencez par La Malédiction du gitan ou Body. Les adeptes savent ce qu’il leur reste à faire.

Hommes en guerre, Andréas Latzko, Agone

Hommes en guerre, Andréas Latzko, Agone, 16 €En leur temps, Barbusse et Rolland avaient dit tout le bien qu’ils pensaient de ce petit livre. Cela ne l’a pas sauvé de l’oubli, volontaire ou non (eux non plus, d’ailleurs). Les Éditions Agone ont néanmoins eu la bonne idée de rééditer ces six récits de chaos, qu’il y au moins deux bonnes raisons de lire. Hommes en guerre a bien sûr une valeur documentaire au moins sur la littérature pacifiste, mais c’est aussi un vrai livre, avec des tripes, beaucoup.

La maison du splendide isolement, Edna O’Brien, Sabine Wespieser

Un membre de l’IRA se réfugie dans l’immense demeure délabrée d’une vieille dame. En phrases élancées, Edna O’Brien fait surgir la vie d’une Irlandaise au début du xxe siècle, celle d’un terroriste ou d’un héros, selon, et l’humanité de tous. En toile de fond, l’Irlande et sa nature dramatique et puissante, mais sans fantasme, réelle. Dans  sa maîtrise, Edna O’ Brien multiplie les points de vues et les rythmes, dans une cohérence parfaite. Superbe.