Le mystère Curtius – Luc Baba – éd. Luc Pire

mystère_curtiusPlongeons dans le «Liège» de 1928 pour une petite enquête policière parfumée de terroir!
Paru aux éditions Luc Pire dans la collection roman de gare/kill and read, ce texte de Luc Baba peut réellement se revendiquer de ce genre littéraire. Je n’écris pas cela de manière négative. Au contraire, je l’ai englouti avec plaisir sur un aller-retour Liège-Verviers. Simple, distrayant et bien écrit, il fut même un bien éphémère compagnon de voyage.

De plus, et c’est sans doute mon côté liégeois qui ressort (un peu chauvin en plus le mec!?!), toute l’intrigue se déroule dans la Cité Ardente. On se ballade à travers les mots… Des côteaux de la citadelle vers le quartier Hocheporte en passant par notre bonne vieille république d’Outremeuse et bien sûr le quartier Feronstrée – Hors-Chateau. Certains éléments de ce policier traitent de l’histoire du musée du Grand Curtius. Ne connaissant pas assez l’histoire du quartier où j’ai établi ma résidence, j’ai fait quelques recherches sur internet qui m’ont permis de constater que le décor de cette intrigue est inspiré de faits historiques.

En quelques mots, sans en dire trop : Ernest, Firmin et Joseph, trois «voleurs de pommes» du quartier d’Outremeuse (rue Porte aux Oies pour les connaisseurs) se font embobiner par Félix, un plus gros larron qu’eux, pour faire un coup au palais Curtius. Mais l’inspecteur Chantraine veille au grain. Arrivera-t-il à comprendre le mystère qui semble régner entre les murs du Curtius depuis plus de 300 ans?

Etienne

Été – Edith Wharton – Ombres

été_whartonDe puis ma tentative (d’abord avortée, mais finalement victorieuse) de lire la classique « Foire aux vanités » de Sir Thackeray, je suis devenue, si pas accroc, à tout le moins amatrice d’histoires et d’auteurs anglais du XIXe. Les descriptions qu’ils font des milieux à la fois mondains et populaires de l’époque victorienne, leurs critiques plus ou moins acerbes de cette société, les romances, souvent tragiques, de leurs personnages mais pas toujours (ouf ! mon côté fleur bleue y trouve son compte)… m’ont régulièrement fait passé de bons moments. Que ce soit Anthony Trollope, Emily Brontë, Elisabeth Gaskell… chacun m’a ravi à sa façon !

À ce beau tableau manquait le versant américain. J’ai donc lu tout récemment le roman Été de la célèbre Edith Wharton ! Ce texte n’est apparemment pas la plus re-connue de ses oeuvres mais c’est une parfaite entrée en matière. Tout y est! Le contraste entre la vie citadine et celle de la campagne, et puis encore entre le milieu coincé du petit village de North Dormer et la vie précaire et débauchée des habitants de la Montagne voisine (une colonie constituée d’alcooliques et de bandits), une héroïne qui a du caractère et fait fi des convenances pour autant qu’elle soit fidèle à elle-même, la romance (évidemment) et enfin, de magnifiques paysages !

Notre héroïne Charity Royall est une orpheline originaire de la Montagne, recueillie par un notable du coin alors qu’elle n’était qu’une enfant. Devenue femme, son seul désir est de gagner suffisamment d’argent avec son emploi de bibliothécaire afin de quitter North Dormer. Une vie meilleure l’attend ailleurs, elle en est certaine ! Par ailleurs, ses origines et son caractère orgueilleux ne la rendent pas très populaire auprès des jeunes gens du village et la solitude semble être sa compagne la plus fidèle. Aussi, lorsque Lucius Harney, jeune architecte au charme plus que certain, à la voix douce mais assurée s’intéresse à son travail à la bibliothèque mais aussi à elle, se sent-elle quelque peu chamboulée. C’est là le début d’une forte amitié qui se transformera peu à peu en passion, belle et éphémère puisque rattrapée par le dur carcan de la société.

Une histoire qui peut paraître banale mais qui, dans le contexte qu’en donne Wharton, prend des dimensions bien plus vastes. Notamment celles d’une société qui rend quasi impossible l’émancipation des jeunes femmes qui, quand elles y parviennent malgré tout, en payent le prix fort!

Bref, je n’ai pratiquement pas lâché le livre avant la fin et me réjouis de découvrir d’autres titres comme Ethan Frome ou encore Chez les heureux du monde.

Sélection jeunesse printemps-été 2014

dolores_wilsonPETIT Aurore et Mathis – Une aventure de Dolorès Wilson/Panique au Mini-Market – Les fourmis rouges – 7,90€
Nous suivons Dolorès (une femme donc), « intérimaire de l’impossible » pour l’entreprise OBOULO (faut vivre avec son temps) et maîtresse de Doug (son chien en léger surpoids). Pour rendre le tout vraiment frais et clinquant, s’y ajoute un graphisme un peu vintage (dessin au crayon, couleurs vives). Voilà qui donne le ton ! Dans cette aventure, Dolorès, un peu désoeuvrée ce jour là, se rend au mini-market pour faire quelques courses. La voilà soudainement face à un Yeti fou furieux qui plonge la superette dans une panique terrible ! Mais Dolorès a plus d’une flèche à son arc ! Bon, je n’en dit pas plus et vous laisse vous plonger dans cette série drôle et raffraichissante ! (dès 6-7 ans)

BoraxTHINARD Florence – Le rêve du Professeur Borax – Bulles de savon – 6€
Amédée Borax est un éminent scientifique qui ne s’attache qu’aux choses sérieuses de la vie. Dès ces 10 ans, il a décrété qu’il était grand et qu’être grand c’est du sérieux. Mais voilà, 40 ans plus tard, a-t-il été heureux ? C’est la rencontre en rêve de Simon-le-cochon, son vieux doudou, qui réveillera en lui la spontanéité et la créativité de sa jeunesse. Un petit ouvrage touchant destiné au premières lectures (6-7 ans)

recettes_cueilletesALENDA Emilie – Mes recettes de cueillettes – L’initiale – 12€
Un petit album coloré qui invite les enfants à la découverte de certaines plantes aromatiques, petits fruits et autres aliments rencontrés dans notre nature. Du sirop de violettes à la chantilly à la menthe en passant par la soupe à l’ortie, petits et grands prendront plaisir à confectionner et déguster ces recettes simples et savoureuses.

gustave_dortLEMANT Albert – Gustave dort – L’atelier du poisson soluble – 20€
Cet album, hommage au renommé illustrateur Gustave Doré, nous plonge dans les tumultueuses aventures imaginaires d’un jeune garçon accompagné de sa poule verte. Ainsi le voici confronté aux moulins de Don Quichotte, embrigadés dans un combat contre les cosaques, parti pour un voyage dans l’espace ou tombant nez- à nez avec le chat botté… Autant de contes qui auront ponctués nos jeunes années. Beau cadeau !

bigoudiPERRET Delphine & MOURRAIN Sébastien – Bigoudi – Les fourmis rouges – 13,80€
Bigoudi est une dame d’un certain âge dont le plus fidèle compagnon, Alphonse un Bouldogue français, vient de mourrir. La peine que cela lui cause est tellement profonde qu’elle a peur de l’éprouver à nouveau si ses amis venaient à disparaître. Pour éviter toute tristesse, elle décide de rompre tout contact avec ses amis et organise sa vie sans contact humain. Il va sans dire qu’un élément perturbateur la fera revenir à la raison mais ce déroulement quelque peu banal n’enlève rien à la beauté de cette histoire et à la tendresse qu’on éprouve pour elle. De plus le tout est dépeint avec humour et souligné par un dessein fin et léger. Une pépite !

victorineCANTAIS Claire – Votez Victorine – L’atelier du poisson soluble – 16€
Aujourd’hui Présidente de la République, Victorine a dû briser les chaines qui la destinait au sort classique du mariage et de la femme au foyer. Un événement particulier lui a permis, avec quelque courage et intrpidité, de prendre une nouvelle voie. Pas toujours évident ! Au delà de l’histoire originale de Victorine, l’auteure utilise des tableaux de peintres célébres pour créer ses décors. Une technique qui a son charme !

Solo – William BOYD – Seuil

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«Bond, my name is James Bond»

Si vous n’avez pas un petit pincement de joie et de nostalgie en pensant au plus célébre des espions britanniques, nul besoin d’en lire plus !

Je n’ai pas choisi ce livre pour son titre ou pour son auteur (c’est d’ailleurs mon premier de Boyd), je l’ai choisi (et dévoré comme un paquet de chips… avec du martini) parce qu’en sous-titre, il est écrit: «une nouvelle aventure de James Bond». Et je n’ai pas été déçu ! J’ai même été surpris de retrouver ce personnage et d’en découvrir une nouvelle version. Je dois bien avouer, qu’à ce jour, je n’ai pas encore lu de romans de Ian Flemming, auteur originel des Bond. Ma référence 007 est donc uniquement cinématographique.

Boyd y insère toutes les composantes du genre: l’alcool, les cigarettes, les femmes, le walter PPK et même Félix Lether. Il y a une légére intrigue, de l’action, une pointe d’érotisme, une pincée de loyauté et de cruauté (ils vont souvent ensemble ces deux là). Bref, en lisant en même temps mon premier 007 et mon premier Boyd, j’ai vraiment passé un super moment.

Pour terminer : le pitch! James est envoyé en mission en Afrique pour stopper une guerre dont l’enjeux principal est, évidemment, le pétrole. 007 débarque donc en Afrique, sans arme et en ressort avec deux balles dans le corps. Sa vengeance sera terrible. A moins que la CIA ne l’arrête ou que ses agresseurs n’arrivent à reprendre le dessus ?!

Etienne

Critique | Martin Eden de Jack London

Marin Eden emartin edenst un héros intemporel. Il m’a de suite fait penser au mythe du rêve américain. Mais l’intérêt profond de ce personnage tient au fait qu’il décide à un moment donné de contrôler entièrement son destin et il ne lachera jamais. Je n’ai pas peur de le dire, Martin Eden est parvenu en quelques centaines de pages à me captiver complétement et à me faire vivre sa vie. Je parle de Martin Eden comme si il était à la fois le personnage principal et l’auteur de ce texte. Sur la quatrième de couverture, on parle de ce livre comme du plus autobiographique de London. Je ne suis pas un expert de Jack London, j’ai lu L’Appel de la forêt ou Le Vagabon des étoiles et puis j’ai vu quelques unes de ses photos mais j’admets, au terme de ma lecture, avoir eu le sentiment de pénétrer la vie de cet écrivain hors du commun.

Lorsque j’essaie d’écrire sur un livre, j’ai toujours peur de trop en dire donc je vais juste faire un pitch très court en deux ou trois phrases. Martin est marin et alterne les contrats en mer et la vie de mauvais garçon à terre. Lors d’une bagarre, il aide le frère de Ruth et en tombe amoureux. Ruth est de la classe bourgeoise tandis que lui vient du peuple (voir des bas-fonds). Pour cet amour, Martin va déployer une énergie extraordinaire afin de s’élever socialement et intellectuellement (selon les normes de leur société) et va prendre le chemin de «l’Écriture» pour tenter d’y arriver.

Je voudrais terminer ce petit babillement écrit en parlant avec des lettres de l’extraordinaire faculté d’analyse sociologique de Jack London. Ce n’est pas que la psychologie des personnages qui m’impressionne mais ce qui les relie entre eux. Il arrivent à créer un monde danslequel on a l’impression d’être un acteur à part entière. On fait partie de l’esprit du récit. Ce livre est, pour moi, une véritable leçon de littérature, de philosophie mais surtout de vie.