Levée de Paroles, rencontres de septembre

caracalJeudi 11 septembre 2014 | 20h

(Cave de la librairie Entre-Temps | 15, rue Pierreuse)

Rencontre avec Katia Lanero

Présentation du dernier tome de sa trilogie « Les chroniques des Hémisphères » : Le masque du Caracal

Sagana et Caracal ont retrouvé le Bâton de pluie, mais à peine sont-ils réunis que le destin les sépare à nouveau…Qui est l’homme qui détient Caracal et lui propose un étrange marché ? Sagana est-elle prisonnière des plans de la cruelle Elsa Campos ? Quant à Mangwa… il ne donne plus signe de vie. Caracal va devoir faire un choix difficile pour aider ceux qui lui sont chers. Porter le masque du caracal va l’entraîner au plus profond de l’Urbe, au sein de la Tour Binger où Sédaline attend de prendre sa revanche sur la rébellion venue du Sud. Pendant ce temps, depuis les terres africaines et les steppes de Sibère, les Totémisés, les Marginaux, les Africains, marchent sur les Grands États du Nord pour mettre à bas leur système inique, inspirés par nos deux héros, Sagana et Caracal.

Katia Lanero Zamora est née en 1985 à Liège. Après une licence en langues et littératures romanes et un master en métiers du livre à l’Université de Liège, elle écrit les textes de deux albums jeunesse parus aux éditions Luzabelle. Le Masque du Caracal est le troisième volet de sa trilogie les Chroniques des Hémisphères (après Le Bal des poussières et La Reine de la pluie parus aux Impressions Nouvelles en 2012 et 2013).

Animation : Guy Delhasse

pour en finirMardi 16 septembre 2014 | 20h

(ASBL Barricade | 21, rue Pierreuse)

Rencontre avec Jan Baetens

Présentation de l’essai Pour en finir avec la poésie dite minimaliste

Ce livre est un livre de combat : en plein renouvellement aujourd’hui, la poésie française doit d’abord se débarrasser d’une forme d’écriture qui domine le paysage français depuis près d’un demi-siècle et dont la puissance institutionnelle empêche l’épanouissement du nouveau : la poésie dite minimaliste, qui combine effacement de la forme (aux mots sur la page on préfère les blancs) et profondeur du sens (un poème n’est valable que dans la mesure où il se rapproche de la philosophie). Refusant les partis pris et la grande pauvreté d’une telle conception de la poésie, ce livre analyse le travail des auteurs contemporains qui proposent une alternative proprement littéraire : Pierre Alferi, Vincent Tholomé, Virginie Lalucq,  Stéphane Bouquet, Philippe Beck, Sophie Loizeau et Jean-Christophe Cambier.

Critique et poète flamand d’expression française, Jan Baetens est l’auteur d’une quinzaine de recueils remarqués et de nombreuses études sur la poésie contemporaine (souvent publiées en anglais), qu’il analyse en ses rapports avec d’autres arts. En septembre 2013, il a participé au projet de résidence « SIC » de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre du OFF de la Biennale de Venise. En juin 2014, la collection patrimoniale Espace Nord publiera une importante anthologie de son travail, Cent fois sur le métier et autres poèmes.

Animation : Laurent Demoulin et Michel Delville

Infos et contacts : Primaëlle Vertenoeil, 0484.48.50.43

Avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles et l’asbl Barricade

Des Mots pour le Livre – soirée d’échanges littéraires

Des mots pour le livreMardi 16 septembre dès 19h

Une fois par mois, nous vous invitons à échanger vos coups de coeur, vos découvertes vos impressions autour du livre, de son actualité, etc. Et comme nous savons que cela peut être intimidant, nous vous proposons dans la foulée de boire un pot (si vous le souhaitez) pour dédramatiser le bidule. Car la littérature c’est certes la poésie croate post-moderne mais aussi le bon polar qui tache, le livre jeunesse qui rend fous les morveux, l’essai historique, la BD, le livre de photographie, etc. Bref, nous ne sommes pas un boudoir littéraire mais un espace d’échanges convivial où le partage d’une passion et d’une réflexion (ou avis) sur la littérature prime. Et tous les genres littéraires sont bienvenus tant qu’ils vous semblent mériter l’attention.

Les libraires sont là pour présenter des nouveautés, des pépites, parler de l’évolution du secteur du livre mais aussi digresser, digresser. Adaptation cinéma, expo, article, tout peut nourrir la rencontre.

Autre point essentiel – et il nous tient à coeur de le préciser : il n’est pas obligatoire de présenter un bouquin pour participer. Peut-être êtes-vous timide ou n’avez-vous rien lu dernièrement, ou les deux. Ce n’est pas grave !  La bibliophagie n’est pas exigée. La curiosité est par contre souhaitée.

Merci d’annoncer votre présence à : julie@barricade.be

Le mystère Curtius – Luc Baba – éd. Luc Pire

mystère_curtiusPlongeons dans le «Liège» de 1928 pour une petite enquête policière parfumée de terroir!
Paru aux éditions Luc Pire dans la collection roman de gare/kill and read, ce texte de Luc Baba peut réellement se revendiquer de ce genre littéraire. Je n’écris pas cela de manière négative. Au contraire, je l’ai englouti avec plaisir sur un aller-retour Liège-Verviers. Simple, distrayant et bien écrit, il fut même un bien éphémère compagnon de voyage.

De plus, et c’est sans doute mon côté liégeois qui ressort (un peu chauvin en plus le mec!?!), toute l’intrigue se déroule dans la Cité Ardente. On se ballade à travers les mots… Des côteaux de la citadelle vers le quartier Hocheporte en passant par notre bonne vieille république d’Outremeuse et bien sûr le quartier Feronstrée – Hors-Chateau. Certains éléments de ce policier traitent de l’histoire du musée du Grand Curtius. Ne connaissant pas assez l’histoire du quartier où j’ai établi ma résidence, j’ai fait quelques recherches sur internet qui m’ont permis de constater que le décor de cette intrigue est inspiré de faits historiques.

En quelques mots, sans en dire trop : Ernest, Firmin et Joseph, trois «voleurs de pommes» du quartier d’Outremeuse (rue Porte aux Oies pour les connaisseurs) se font embobiner par Félix, un plus gros larron qu’eux, pour faire un coup au palais Curtius. Mais l’inspecteur Chantraine veille au grain. Arrivera-t-il à comprendre le mystère qui semble régner entre les murs du Curtius depuis plus de 300 ans?

Etienne

Sauver les Éditions ADEN

Editeur farouchement indépendant, partenaire de longue date de Barricade et de sa librairie Entre-Temps, Aden est en faillite. Mais ne s’avoue pas vaincu.

Aden, c’est le pari de l’intelligence contre celui du profit, la prise de risque au bénéfice de tous : une espèce en voie de disparition, la preuve. En soutien, nous relayons son appel, que vous pourrez trouver ici : http://www.aden.be .Si vous le pouvez, n’hésitez pas.

L’équipe

La mort est mon métier – Robert Merle – Folio

mortestmonmetier«L’honneur, c’est obéir aux ordres» et un «bon Allemand» vit pour son honneur, tout le reste est secondaire! Les plus grands assassins de masse de la seconde guerre mondial naîtront en respectant ce principe à la lettre.

Sur une période allant de 1913 à 1946, Robert Merle nous fait découvrir la vie de Rudolf Lang, futur commandant d’Auschwitz, un des «ingénieurs» de la solution finale (en réalité, le personnage dont l’auteur s’inspire se nomme Rudolf Höss et a réellement été le commandant du camp de concentration d’Auschwitz). Cet homme est un véritable symbole (sociologique et psychologique) du massacre industriel des «inaptes», qui s’est déroulé, en secret, dans cette region de Pologne alors que l’invasion allemande consumait les frontières de l’Europe et du monde. Au delà de la vision historique, ce texte nous guide dans les monstrueux méandres du cerveau de ce SS, froid, intelligent et obéissant. Les humains deviennent des unités «à traiter» et l’humanité, une trahison. «J’ai été choisi à cause de mon talent d’organisateur» déclarera l’Obersturmbannführer Lang au psychologue, Gilbert, dans sa prison de Nuremberg. Le petit Rudolf qui aurait dû, comme l’avait ordonné son père, devenir un serviteur de dieu (et ce afin d’effacer les péchés du paternel) s’était transformé en un être dénué de coeur. En apparence, Rudolf n’a bien sûr pas l’air d’un assassin. Il est un bon mari et un bon père de famille bien qu’il déclare assez souvent ne pas être «sensuel». Sa femme, quant à elle, ne lui reprochera que son absence avant de découvrir l’autre facette du père de ses enfants. C’est cette dichotomie entre d’une part, le massacre de millions d’êtres humains et d’autre part, cette impression que Rudolf Lang est un bon soldat, performant, intègre, inventif, capable d’initiative et d’organisation, très travailleur bref un brave type qui obéit aux ordres et protège sa famille, qui nous permet de ressentir «l’infiniment horrible» de cette extermination raciale.

Il peut être intérressant de rappeler que ce texte a été écrit entre 1950 et 1952 et qu’il fut «démodé» avant même sa publication comme l’écrit l’auteur dans la préface du présent ouvrage. À peine 7 ans après son terme, la seconde guerre mondiale ne provoque déjà plus d’intérêt. Je ne suis pas historien, ce qui ne me permet pas de répertorier précisémment les raisons de ce désintérêt mais cette information me semble un bon vecteur de réflexion. Comment peut-on nier ou ne pas voir ou oublier de tels événements ? Pourquoi arrête-t-on d’en parler ? Et aujourd’hui quelles sont les choses que l’on ne veut pas voir et dont on ne peut/veut plus parler ? Ce roman historique est particulièrement bien écrit, simple et efficace. On suit la ligne du temps guidé par un style au service de l’Histoire et de la réflexion.

Je voudrais terminer par un extrait qui, j’en suis certain, sera plus éloquent que n’importe lequel de mes mots:

«A vrai dire, je n’aimais pas beaucoup les fosses. Le procédé me paraissait grossier, primitif, indigne d’une grande nation industrielle. J’avais conscience, en optant pour les fours, de choisir une solution plus moderne. Les fours avaient, de plus, l’avantage de garantir mieux le secret, puisque la crémation était effectuée, non pas en plein air, comme pour les fosses, mais à l’abri des vues. En outre, il m’avait paru souhaitable, dés le début, d’enfermer dans un même édifice tous les services nécessaires à l’action spéciale. Je tenais beaucoup à cette conception, et j’avais pu voir, par la réponse du reichsführer, qu’elle l’avait également séduit. Il y avait, en fait, quelque chose de satisfaisant pour l’esprit dans la pensée qu’à partir du moment où les portes du vestiaire se refermeraient sur un convoi de 2000 juifs jusqu’au moment où ces juifs seraient réduits en cendre, toute l’opération se déroulerait, sans heurt, dans un même lieu.»

Etienne.