Conférence | Roland Gori | La Fabrique des Imposteurs – 01 juin

Fabrique des ImposteursPour conclure le cycle gouvernance organisé par Barricade et Politique, revue de débats, nous recevrons le samedi 1er juin Roland Gori. La conférence sera animée par Jean-Jacques Jespers.

Dans une sorte de mouvement en spirale, nous avons voulu conclure ce cycle en montrant l’importance pour chacun d’entre nous de ce qui est en train de se passer,
cette « civilisation des moeurs » dont parle si bien Roland Gori, et dont la gouvernance, l’expertise, l’évaluation, etc., sont les instruments.

Nous aurons parlé du management nouveau dans la fonction publique, de la gouvernance et de l’évaluation dans les associations, de la « colonisation de tous les champs de la société » par cette « technique ». Il nous restera à examiner l’impact de celle-ci jusqu’au coeur de l’humain, de nous tous.

Dans son dernier ouvrage, La Fabrique des imposteurs, Roland Gori décortique cette société où la forme a pris le pas sur le fond, l’information au sens le plus technique sur la parole, la norme sur la loi, la gestion sur le politique. In fine, c’est l’idéal humaniste de l’émancipation sociale qui est en jeu. Des solutions existent.

Gratuit… mais réservation souhaitée : info@barricade.be ou 04/222.06.22

La gouvernance? En rire et passer aux choses sérieuses!

la-gouvernance-ou-la-tyrannie-du-management-de-alain-deneault-938125203_MLLa gouvernance : en rire et passer aux choses sérieuses !

La gouvernance est partout. Mais de quoi la gouvernance est-elle le nom ? En cinquante prémisses (assertion de départ de la quelle découlent des conséquences), Alain Deneault, en puisant dans les sources officielles, montre comment la gouvernance et toute sa quincaillerie conceptuelle ont induit une mutation de l’Etat, faisant de ce dernier un pair parmi d’autres. C’est ainsi que la gouvernance se substitue à la politique dont on ne parle même plus puisque tout est réduit à une question de gestion, à une question somme toute technique dont le fantasme totalitaire vise à l’imposition du consensus. Quant à savoir que faire face à ce vocable qui génère du vide, l’auteur répond : rien, incitant ainsi à la culture de la lucidité et à la désobéissance sémantique : refuser d’utiliser ces termes implique de se réapproprier les mots dots d’une histoire.

Un ouvrage roboratif au punch percutant.

Gouvernance – le management totalitaire, Alain Deneault, Lux éditeur, Montréal, 2013, 12 euros

Des mots pour le livreMardi 21 mai dès 19h | Soirée d’échanges littéraires

Entrée par la librairie – 15 rue Pierreuse

« Des mots pour le livre » est un espace de partage et d’échanges autour de nos impressions littéraires (lectures, présentations d’ouvrages …), le tout dans une ambiance conviviale et décontractée.
Aucun style en particulier et tous particulièrement : romans, essais, BD’s …

Par ailleurs, les libraires d’Entre-Temps présenteront une petite sélection d’ouvrages issus du fonds de la librairie.

Ces rencontres sont ouvertes à tous les amoureux du livre qui souhaitent partager leur passion !

Prochaines rencontres :

  • Mardi 21 mai
  • Mardi 18 juin

Rencontre littéraire avec Nicole Malinconi

separation_malinconiMercredi 15 mai 2013 à 20h

(entrée par le n°21, rue Pierreuse)

Depuis Hôpital silence, son premier livre publié en 1985 aux Editions de Minuit, Nicole Malinconi s’inspire de la réalité quotidienne, de l’ordinaire de la vie, des gens et des mots pour créer ce qu’elle qualifie elle-même d’ « écriture du réel ». Séparation, son dernier texte paru aux Editions Les Liens qui Libèrent s’incrit dans cette lignée. L’écrivaine y évoque, tour à tour, trois psychanalyses successives, trois confrontations avec elle-même. Elle y explore les liens subtils qui se révèlent entre écriture et psychanalyse.

Animation: Laurent Demoulin

Organisation : Levée de Paroles asbl

l’avenir, ça se travaille

Travail, question pol C1 vignetteL’avenir, ça se travaille !

 

Nicolas Latteur Le travail, une question politique, Bruxelles, Aden, 2013

Comme le titre le souligne, en voulant refaire du travail une question politique, l’auteur invite la gauche à se réapproprier cette question et à l’interroger sous tous ses aspects plutôt que de la laisser aux mains de l’entreprise.

Pour l’auteur, il semble en effet logique et urgent de se réapproprier le travail.. Comme Chris Sacco et Joe Hedges l’illustrent brillamment dans Jours de destruction, jours de révolte[1], une des raisons principales de cette réappropriation est le fait que le capitalisme est structurellement aveugle aux conséquences sociales, culturelles, écologiques qu’il génère alors que « la finalité de l’activité est une question sociale, écologique mais aussi existentielle »[2].

Comme le souligne Nicolas Latteur, « faire du travail une question politique, c’est refuser que les seules institutions du marché soient habilitées à désigner une activité reconnue comme étant reconnue pour du travail »[3]. Ce qui, par ailleurs, ouvre la porte à des idées a priori utopiques comme le salaire socialisé cher à Bernard Friot, voire au revenu d’activité promu, notamment par André Gorz[4]..

Cette réappropriation du travail passe notamment par la construction d’une intelligence collective des relations de travail. Et comme le fait observer Matéo Alaluf dans la préface, « le travail comme question politique et démocratique engage non seulement l’action syndicale de la base au sommet mais aussi ses modalités d’action et ses structures internes »[5].

Et dans  ce cadre, l’auteur rompt une lance en faveur de la « construction de convergences avec les mouvements écologiques {ce qui} passe par la remise en cause au sein du mouvement syndical de l’idéologie productiviste et du mode de production capitaliste et par la prise en compte dans les mouvements écologistes des rapports de production qui mettent à mal les rêveries d’une transition en douceur vers un capitalisme vert »[6]

Cette approche couplée à une fiscalité solidaire, une annulation de la dette, une réduction du temps de travail (qui libérerait le travail et du travail) ouvre indubitablement l’horizon. Utopies que tout cela, ou utopies déjà là ? Quoi qu’il en soit, grâce à cet ouvrage, il semble indubitable que « la question de la liberté dans le travail réapparaît comme une question fondamentale des démocraties modernes »[7]


[1] Chris Hedges-Joe Sacco, Jours de destruction, jours de révolte, Paris, Futuropolis, 2012

[2] Nicolas Latteur, op. cit , p.90

[3] Idem, p.124

[4] Lire le dossier paru sur ce sujet dans Le Monde diplomatique du mois de mai 2013

[5] Matéo Alaluf, Préface, in Le travail, une question politique, Aden, Bruxelles, 2013, p.8

[6] Nicolas Latteur, p. 92

[7] Bruno Trentin, La cité du travail, le fordisme et la gauche, Paris, Fayard, 2013,.p.417